Le Lindux est le dernier point de la ligne A/M en contact avec la France avant l'entrée définitive en Espagne.

Les bornes du partage

Sur un article concernant les frontières, nous avons déjà observé que c’est entre la France et l’Espagne que la ligne de partage suit le plus souvent une frontière entre 2 pays, alors que sur la ligne A/M dans son ensemble, les frontières entre pays ne représentent que 4,9% de la longueur totale.

Entre le pic de Médécourbe, fameux tripoint France / Andorre / Espagne, et le Lindux, dernier point de la ligne A/M qui touche la France, la ligne de partage a une longueur de 404 km dont 262 km sont sur la frontière franco-espagnole.

La ligne A/M rencontre souvent les bornes frontières issues du traité des Pyrénées signé en 1659. Ces bornes sont numérotées de 1 (au lieu-dit Endarlatsa, en rive droite de la Bidasoa, à 10 km de l’océan) à 602 (une croix dans une grotte à double entrée, la Cova Foradada, accessible seulement par la mer, sous le cap Cerbère, au ras de l’eau de la Méditerranée).

En venant du nord, la première borne rencontrée par la ligne A/M est une croix, numérotée 426, sur un rocher au port de Bouet (tout près du pic de Médécourbe). La dernière borne est la n° 153, au sommet du Lindux, avant l’entrée définitive de la ligne en territoire espagnol.

La borne frontière du port de Bouet est une croix. Le 6 est bizarrement gravé.
Borne-croix n° 426 au port de Bouet, première marque sur la ligne en venant du nord
Le Lindux est le dernier point de la ligne A/M en contact avec la France avant l'entrée définitive en Espagne.
Le Lindux, dernier point de la ligne A/M en contact avec la France (source PL. Blaix)

Il existe dans les Pyrénées 7 territoires dont les frontières viennent mordre sur la ligne A/M, et à 5 reprises il s’agit de l’Espagne qui mord !

Carte pyrénées ligne et frontière
7 territoires de pays viennent mordre la ligne de partage

> Dans la partie est d’Andorre, près du Pas de la Case, 21 km² forment une pointe sur le versant atlantique.
> Le Val d’Aran espagnol (Cataluña, Lleida), sur plus de 550 km², constitue le haut bassin de la Garonne. Les sources de la Garonne y sont d’ailleurs multiples, sans oublier la spécificité du versant nord du pic d’Aneto.
> Le fond de la vallée d’Aspe sur une superficie très escarpée de 14 km², bien que s’écoulant sur le versant atlantique ne fait pas partie de la commune béarnaise d’Urdos, mais de la commune d’Ansó (Aragón). Ce découpage bizarre de la frontière a certainement des raisons historiques, même si on n’en comprend pas toujours la logique.
> Une zone karstique d’environ 7 km² entre le col de la Pierre-Saint-Martin et le pic d’Anie dépend de la commune d’Isaba (Navarra). Mais ici, les écoulements souterrains rendent la ligne A/M imprécise. Voir aussi Trois Rois
> La zone d’Irati est la seule incursion française sur le bassin méditerranéen dans sa frontière avec l’Espagne. C’est aussi l’exception des Pyrénées-Atlantiques.
> Une zone de 18 km² à l’ouest d’Irati, proche de la grotte d’Harpea dépend de la commune d’Orbaitzeta (Navarra), bien que s’écoulant vers la Nive (affluent rive gauche de l’Adour).
> L’enclave espagnole de 44 km² dite de Valcarlos s’écoule aussi vers la Nive. Elle a été instituée par le traité définitif de 1785 entre la France et l’Espagne, traité qui a soldé les différents contentieux sur les limites de frontière.