C’est par la route que l’on franchit le plus souvent la ligne A/M…

La ligne A/M passe naturellement par une multitude de cols. Les cols sont d’ailleurs importants car c’est à partir d’eux que l’on peut déterminer précisément la ligne de partage des eaux. En effet, comme ils correspondent à des points bas de la ligne, ils permettent de visualiser la direction des écoulements qui viennent du dessus en observant les courbes de niveaux (cartes topographiques papier ou numériques 2D ou 3D).

Les voies de communication historiques qui franchissent les plus hauts reliefs ont été améliorées depuis près d’un siècle afin que les véhicules puissent les utiliser confortablement. C’est aujourd’hui le tourisme qui explique en grande partie la fréquentation des routes qui mènent aux cols de montagne. Ce sont donc des endroits privilégiés pour signaler et expliquer la ligne de partage des eaux Atlantique / Méditerranée, en profitant de l’arrêt des véhicules,  moments où leurs occupants s’aèrent le corps et l’esprit et peuvent, le cas échéant, s’intéresser aux eaux qui courent. Sans oublier les cyclistes et les marcheurs déjà un peu plus aérés !

Vous trouverez ci-dessous l’inventaire des plus hauts cols routiers franchisssant la ligne A/M. Nous n’avons retenu que les cols d’altitude supérieure ou égale à 2000 m, dont la route est asphaltée et ouverte à tous véhicules par les deux versants du col. Certains de ces cols peuvent être fermés en hiver. Une seule route est à péage, en Autriche.

De ce tableau on peut tirer les enseignements suivants :
> Suisse : la haute montagne suisse n’a pas empêché les hommes de communiquer : 8 des 15 cols routiers à 2000 m d’altitude ou plus sont en Suisse. Le Sanetschpass (2252 m) n’est pas pris en compte car il n’est accessible que par un seul versant. A noter que de nos jours, les suisses ont laissé les cols aux touristes et se sont mis à creuser des tunnels incroyables, souvent sous les grands cols. > en savoir plus sur les tunnels
> Andorre : le port d’Envalira n’est que 20 m en dessous du roi des cols routiers de la ligne, le Furkapass d’où l’on contemple le glacier du Rhône, alors que le port d’Envalira permet plutôt de satisfaire les acheteurs compulsifs. La ligne A/M mène à tout !
> Italie / Suisse : Le Splügenpass (passo dello Spluga), est le seul col frontière de ce tableau (entre Italie et Suisse), entre le massif d’Oberhalbschtein et les Alpes Lépontines. Pour en savoir plus voir aussi : ligne en Italie et reliefs de la ligne
> Maroc : on y trouve 3 cols routiers bien placés dans ce classement qui traversent le Moyen-Atlas (col de Zad et Tizi n’Ouaousra) et le Haut-Atlas Oriental où le Tizi n’Ugerd (n° 4 de ce top 14) franchit la ligne A/M près d’Anemzi, 4,7 km avant son extrémité sud. A noter que d’autres cols marocains sont franchis au-dessus de 2000 m mais par des pistes non asphaltées et pas toujours sécurisées pour tous les véhicules.
> Autriche : merci à Gérard, nouvel adhérent de notre association, de nous avoir signalé le seul col routier autrichien de ce classement le Bielerhöhe (2036 m). Ce col a deux particularités, uniques parmi les cols de ce tableau :
– cette route est à péage pour les véhicules à moteur (une bonne idée pour encourager le passage en bus, vélo ou à pied).
– sur le seuil de ce col, un lac artificiel a été construit, le Silvretta-Stausee (39 millions de m³ d’eau) qui respecte les écoulements naturels entre Vorarlberg et Tirol. La ligne A/M passe sur la digue nord-est de ce lac.
> Espagne : 2 cols routiers espagnols sont dans ce top 15, un dans les Pyrénées et l’autre dans la Sierra Nevada, pile à 2000 m !
> France : le plus haut col routier français de la ligne A/M dépasse de 1 m les 2000 m ! Il s’agit du port de Pailhères (passage fermé en hiver) qui relie la commune méditerranéenne de Mijanès à celle atlantique de Ascou. Occasion de découvrir la micro-région du Donezan et son exception qui plaît forcément à notre association.

 

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